Asturies, invité d'honneur 2010
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DRAPEAU DES ASTURIES

 

Le drapeau des Asturies est composé de la croix de la victoire aux branches de laquelle sont rattachées les lettres grèques Alpha et Omega sur un fond bleu
Ce drapeau est, selon l'histoire, celui avec lequel Don Pelayo a vaincu les maures et entamé la reconquête de l'Espagne.

PRESENTATION

Les Asturies sont situées sur la côte septentrionale de l’Espagne, délimitées à la frontière Ouest par la Galice, à l’Est par la Cantabrie, au Sud par la Castille-et-León et au Nord par la mer Cantabrique.

Après la mort du roi Pélage (Pélage le conquérant ou Don Pelayo) vers l’an 737, le territoire asturien s’étend jusqu’à sa frontière traditionnelle entre les rivières Eo et Asón.

Sur la majorité des cartes géographiques faite depuis le XVIe siècle on peut voir les Asturies divisées en deux : Les Asturies d’Oviedo et Asturies de Santillana. Le territoire des Asturies d’Oviedo s’étend de la rivière Eo, sa frontière occidentale, jusqu’à la commune de Ribadesella, où commencent les Asturies de Santillana. Celles-ci arriveraient juste un peu plus loin que Santander, ses frontières orientales se situant à la rivière Asón. Au Sud les Asturies se limitent aux Monts Cantabriques.

C'est sur la carte géographique éditée en 1700 par Charles Hubert (premier géographe du roi d’Espagne) que l'on commence à appeler « Principauté des Asturies » les deux Asturies toujours divisées.

Les contours actuels se dessinent à l’implantation en 1835 de la division provinciale calquée sur le modèle français, amenant au même moment la disparition des Asturies de Santillana, ce qui fait que le territoire partant de la rivière Deva s’intègre à la province de Santander, l’actuelle Cantabrie.


Climat


Le climat des Asturies est océanique, très humide toute l'année avec des hivers très doux et des étés moins chauds que dans le reste de l'Espagne. Les gelées sont très rares en plaines de même que les jours de canicule.
Étymologie
Le terme Asturias provient du nom de ses peuples anciens, les Astures, habitants primitifs des bords de la rivière Astura (aujourd’hui appelée Esla) jusqu’à la domination romaine. Le nom “Astures” n’englobait pas seulement les peuples du plateau (les outre-monts), mais aussi ceux du Nord (les ultramontains).
“Astura”, qui antérieurement se disait “Estura” ou “Estula”), viendrait de la racine celte “-stour”, qui signifie “rivière”. Ce même toponyme apparaît en Bretagne, où Pline parle de la rivière “Stur”. Il existe aujourd’hui trois rivières au nom de “Stour” à Kent, Suffolk et Dorset. À l’embouchure de l’Elbe se trouve une autre rivière, “Stör”, autrefois appelée “Sturia”. Dans le Piémont se situait le peuple celte des “Esturi” ainsi qu’un fleuve, le “Stura”. La même racine perdure encore en gaélique et en breton dans les mots “ster” et “stour” qui signifient “rivière”, “fleuve”.

Histoire


Occupée par des groupes d’humains depuis le Paléolithique inférieur, les Asturies se caractérisent durant le Paléolithique supérieur par des peintures rupestres à l’est du territoire. Au Mésolithique on vit se développer une culture nouvelle, l’Asturiense ; puis s’est introduit l’âge du bronze, caractérisé par les mégalithes et les tumulus. À l’âge du fer, le territoire fut soumis à l’influence culturelle celte. Le peuple celte des Astures comprenait des tribus comme les Lugons (en latin, Luggoni), les Pésiques (Paesici), et d’autres qui peuplèrent tout le territoire asturien avec des castros, des villages fortifiés. L’influence celte perdure encore aujourd’hui avec les noms de rivières, de montagnes et lieux ainsi que des noms de peuples et certains prénoms. Selon le linguiste catalan Joan Corominas, le nord-ouest de l'Ibérie conserve le plus grand nombre de mots préromains des langues ibéro-romanes.

Moyen-Age et période moderne
Après plusieurs siècles sans présence étrangère, les Suèves et les Wisigoths tentèrent d’occuper le territoire au VIe siècle, ce qui se serait terminé au début du VIIIe siècle avec l’invasion musulmane. Le territoire, comme cela était arrivé à Rome et à Tolède, ne fut pas facile à soumettre ; les derniers partisans de la monarchie wisigothique fondent en 718 un royaume chrétien et s'établissent en 722 comme le Royaume indépendant des Asturies. Le premier roi des Asturies, Pélage (Pelayo), est l'initiateur de la reconquista chrétienne. Il gagne la Bataille de Covadonga en 722.

Sous le règne d'Alphonse II le Chaste (791-835), le royaume néo-wisigoth des Asturies s’appuie toujours sur les lois de Receswinthe (653-672), le Liber Iudiciorum, et sur une noblesse de fidèles et d’hommes libres entretenus par le roi ou payés par des dons de terre révocables. Le roi, toujours à court de soldats, n’hésite pas à donner des armes à tout homme libre et à l’intégrer dans ses gardingos'. Il accorde à ces hommes libres des terres vacantes à défricher, dont ils deviennent propriétaires au terme de trente ans de mise en valeur (contrat de pressura). La haute vallée du Minho et la haute vallée de l’Èbre se repeuplent.

Au Xe siècle, la monarchie asturienne laisse place au royaume de León.

L’isolement dont la Cordillère Cantabrique fut l'objet durant les siècles médiévaux fait que les références historiques restent maigres.
C’est suite à la rébellion du fils d’Henri II de Trastamare que s’est établie la Principauté des Asturies. S’il y eut plusieurs tentatives d’indépendance, les plus connues furent celles de la part du comte Gonzalo Peláez ou de la reine Urraca (l’Asturienne), qui malgré des victoires importantes, furent mises en échec par les troupes castillanes. Les rois de Castille considérant les nobles asturiens comme peu loyaux, décident de déclarer tout le territoire des Asturies comme de "realengo", c'est-à-dire, soumis directement à l'autorité du roi. Apparaît alors (1388) le titre de Prince des Asturies, à l'imitation du Dauphiné français et de la Principauté de Galles, pour mieux en assurer le contrôle. Il ne s'agît pas d'un "titre d'honneur", mais d'un mécanisme de domination.

Au XVIe siècle, la population atteint pour la première fois 100 000 habitants, chiffre qui se multiplie avec l'arrivée, le siècle suivant, du maïs américain.

Epoque contemporaine

Le 25 mai 1808, lAssemblée Générale de la Principauté des Asturies' déclare la guerre à la France et se proclame souveraine en levant sa propre armée et en envoyant des ambassadeurs à l'étranger, se faisant il est le premier organisme espagnol officiel à faire ce pas. Le 1er janvier 1820, Rafael de Riego se soulève à Cadiz et proclame la Constitution de 1812.
Dès 1830 commence l'extraction du charbon, initiée par la Révolution industrielle. Plus tard s'établiront les industries sidérurgiques et navales. Ainsi, les Asturies deviennent un des hauts lieux du mouvement ouvrier et du syndicalisme espagnol, le plus souvent proche de l'anarcho-syndicalisme.

Sous la IIe République espagnole, le 6 octobre 1934, une grève générale pour protester contre le gouvernement de la CEDA, sympathisant des régimes fascistes d'Allemagne et l'Italie, dégénère en de graves affrontements entre les grévistes et l'armée est envoyée pour réprimer la révolte, sous le commandement de Francisco Franco Bahamonde. Les ouvriers asturiens portent la grève plus loin et font une vraie révolution, appelée la « Commune asturienne », déclarant la « République des Ouvriers et Paysans des Asturies ». Isolés, ils furent finalement défaits. Les Asturiens étant considérés comme très braves et dangereux, Franco décide de planifier les opérations militaires comme dans une guerre coloniale, en chargeant la tâche à la Légion Étrangère et aux troupes arabes du Maroc, réputées pour leur férocité. Il eut besoin de plus de 40 000 hommes (Guardia Civil, Guardia d'Asalto, armée africaine, infanterie et marine). La répression fut terrible: 3 000 morts (dont la plupart après la reddition), 7 000 blessés, 30 000 emprisonnés (beaucoup d'entre eux furent aussi torturés), et plusieurs milliers jetés au chômage. Des 40 sentences de peine de mort, 4 furent exécutées.

La guerre civile entraîne la division des Asturies en deux camps. La capitale, Oviedo, est prise par les insurgés, tandis que le reste est sous le contrôle de la République. La Galice, la Castille et la Navarre sont prises par les troupes nationalistes, de façon à ce qu'apparaisse le Front Nord, c'est-à-dire une région constituée par les Asturies, la province de Santander et le Pays Basque, qui restent fidèles à la légalité, mais isolées du reste du territoire républicain. Les troupes navarraises avancent sur le Pays Basque, affrontant une forte résistance, mais le Parti Nationaliste Basque cherche une reddition unilatérale avec les Italiens par le biais du Vatican durant le printemps de 1937. Les troupes franquistes lancent ensuite leur campagne du nord et avancent vers Santander à partir du sud. Étant la province plus petite et la moins peuplée, la résistance y est impossible. Dans le Pays Basque, la moitié orientale (Guipuzcoa et Alava) est déjà dans les mains des insurgés. Le chef du gouvernement basque, José Antonio Aguirre, ordonne aux gudaris (15 bataillons) de se concentrer dans la région de Santoña (province de Santander). Les Basques négocient une paix séparée avec les Italiens du Corpo Truppe Voluntarie (accords de Santoña, août 1937). Après la honteuse reddition, Franco ne respecte pas les conditions de reddition.

Quelques troupes basques et de Santander se replient vers les Asturies. Le Pays Basque tombé, Santander, la plupart de Léon et de la Galice et la mer sont sous le contrôle de la marine franquiste et les Asturiens sont isolés. Pour mieux gérer la situation, on met en place le « Conseil Suprême des Asturies et de Léon », plus tard nommé le « Conseil Souverain ». Le président asturien, Belarmino Tomás, essaie d'être reconnu par la Société des Nations, ce qui provoque l'ennui du gouvernement républicain espagnol[1]. L'affaire n'arrive pas à être traitée dans l'organisation internationale, très probablement par interférence du Parti Socialiste, auquel faisait partie Belarmino Tomás. Mais c'est la troisième fois que les Asturies déclarent leur indépendance après les lointaines années du Royaume Asturien.

Pendant deux mois, les Asturies résistent avec une grande férocité, assaillies à l'ouest par les troupes galiciennes (les "Mariscos"), par le sud, et par l'est (Brigadas Navarras). L'aviation de Franco fait de grands ravages. Des avions allemands, sous le commandement d'Adolf Galland, futur héros de la Deuxième Guerre Mondiale, attaquent fondamentalement la ville de Gijón et l'est des Asturies. Dans la bataille de l'Est ou d'El Mazuco, les avions de la Luftwaffe (Légion Condor) pratiquent une nouvel méthode, le bombardement massif avec des bombes explosives aussi bien qu'incendiaires (testées précédemment à Guernica).

L'avance implacable des troupes de Franco fait que des milliers de personnes, civils et combattants, se replient vers Gijón. Beaucoup de ces personnes essayent de s'enfuir par la mer, mais le blocage maritime le rend presque impossible. Quelques uns d'entre eux arrivent en Bretagne française, dans les ports de Lorient, Nantes ou Saint-Nazaire en particulier. Les autorités françaises donnent le traitement de gouvernement légitime au Conseil Souverain des Asturies. Les réfugiés obtiennent de la nourriture et des soins médicaux et finalement un train est mis à leur disposition. Les combattants asturiens traversent la France jusqu'à arriver à la Catalogne, où ils continuent le combat jusqu'à la fin de la Guerre Civile.

D'autres combattants restent sur place sans pouvoir faire autre chose que poursuivre la lutte de guérilla, ce qui va donner lieu à l'apparition du maquis, qui durera jusqu'aux années 50.

        « La guerre civile espagnole ne fut pas un évènement spontané ; ni la conséquence intrinsèque du régime républicain ; ni une malédiction tombée du ciel. Elle fut provoquée par un coup d’État déclenché par un groupe de militaires de haut rang, dirigé par le général Emilio Mola, le « Directeur », qui n’hésita pas à lancer les troupes sous ses ordres contre l’Espagne fidèle au gouvernement de la République. Son éclatement ne surprit personne. Ce fut le dernier acte d’un long processus commencé avec la révolution d’octobre 1934 dans les Asturies, suivi par les élections de février 1936 qui divisèrent l’Espagne en deux blocs antagonistes quasiment équilibrés. La bourgeoisie, qui avait frémi d’horreur lors des évènements de 1934, en était arrivée à penser qu’une dictature militaire valait mieux que la chienlit rouge qui gouvernait le pays.
        Deux évènements corolaires provoquèrent l’étincelle qui allait conduire à la guerre civile. Le 12 juillet, un lieutenant de la Garde d’assaut, José Castillo, fut abattu par des phalangistes en plein centre de Madrid. Le 13 juillet, en représailles, un groupe de gardes d’assaut républicains enleva et assassina le député Calvo Sotelo, chef de l’opposition parlementaire, proche des courants fascisants. La classe dirigeante et les milieux d’affaires, horrifiés par cet évènement, encouragèrent les éléments les plus conservateurs de l’armée à intensifier les préparatifs pour un soulèvement.

        L’insurrection fut déclenchée à Melilla le 17 juillet 1936, quelques heures avant la date prévue. L’avion du vieux général Sanjurjo, le professionnel des pronunciamientos qui devait prendre la tête du soulèvement, s’écrase peu après son décollage près de Lisbonne, laissant le champ libre au général Franco. Le 18 au matin, le général Franco proclame la loi martiale dans l’archipel des Canaries avant de partir à bord de l’avion le Dragon Rapide pour le Maroc où il devait prendre la tête du soulèvement. Le même jour l’insurrection militaire s’étend à toutes les régions d’Espagne. »
Très affectée par la reconversion industrielle des années 1990, la Principauté tente actuellement de mettre en valeur son patrimoine touristique et naturel.

Langue

L’espagnol est la langue officielle des Asturies. L’asturien est également employé, même si cette langue n’est pas officialisée, elle bénéficie d’une protection spéciale avec l’accord du Statut d’Autonomie des Asturies. L’asturien est une langue qui dérive directement du latin. Elle trouve son origine dans la langue romane utilisée dans les royaumes d'Asturies et le León.

Depuis la Transition il existe un mouvement social qui tente de faire revivre la langue et de la réintégrer en tant que langue officielle. En 1981 se crée l’Académie de la Langue Asturienne, institution de la Principauté des Asturies dont le but est l’étude, la promotion et la défense de l’asturien. Aujourd'hui, la langue la plus utilisée est le castillan, la seule qui soit officielle.

Économie

L'économie de la Principauté des Asturies, communauté autonome espagnole, repose sur un secteur primaire en perte de vitesse qui occupe près de 6 % de la population active avec l'élevage bovin, l'agriculture (maïs, pomme de terre, pomme) et la pêche.

Le secteur secondaire emploie 30 % de la population active, particulièrement dans les domaines de la sidérurgie, de l'agroalimentaire, de l'acier, de l'armement, de la chimie, des équipements de transport, etc. Suit, en étant significative, l'extraction du charbon bien qu'elle ne jouisse plus de son rôle prépondérant d'autrefois.

Le secteur tertiaire concerne quant à lui 65 % de la population active et cette part va en augmentant, effet symptomatique de la concentration de la population dans les centres urbains et de l'importance qu'a acquis le tourisme dans la région ces dernières années. Malgré la délocalisation qui a frappé la communauté ces dernières décennies, le revenu par habitant a augmenté au-delà de la moyenne nationale pour s'établir à 19 868 euros en 2006.

Démographie

La population asturienne a le plus fort taux de mortalité en Espagne (12 pour mille) et le plus bas taux de natalité (6 pour mille), c'est pourquoi la population diminue depuis 1987, alors que celles des villes ne diminuent pas. Le dépeuplement des zones minières est significatif. En 1900 la population était de 650 000 et en 1800 de 350 000 habitants.

Musique

La musique et la danse sont variées. L'instrument le plus caractéristique est la "gaita asturiana", cornemuse caractérisée par trois tubes. Elle s'utilise dans de nombreuses danses populaires, pouvant s'accompagner d'un tambour, bien qu'il arrive aussi qu'elle soit accompagnée par d'autres instruments tels que la clarinette.

Le chant traditionnel le plus représentatif de la Principauté est la "tonada asturiana".

L'hymne de la principauté est "Asturias, Patria querida"